La précédente crise énergétique date d’il y a 4 ans, avec le déclenchement de la guerre d’agression russe en Ukraine. Elle a coûté aux finances publiques des dizaines de milliards d’euros pour tenter d’amortir le choc économique et social. La guerre en Iran engagée par Trump a déclenché un choc énergétique mondial. La fermeture du détroit d’Ormuz et l’embrasement du Moyen-Orient provoquent une chute de l’offre de pétrole et de gaz et une envolée de leurs prix. Rappelons que la région du Golfe représente environ 30 % de la production de pétrole et 20 % de la production de gaz au niveau mondial. 2026 n’est pas 2022 : cette fois la tension est faible sur l’électricité, grâce à des moyens de production bas carbone qui produisent sans défaut, mais elle est forte sur le prix des fossiles.
Pour l’heure, notre sécurité d’approvisionnement n’est pas menacée, mais notre facture énergétique de fossiles importés augmentera d’autant plus que le conflit durera. Après Kiev, nous recevons la même leçon d’Ormuz : accélérer la transition énergétique est essentiel pour l’Europe et la France. Nous devons basculer en mode « résilience active », et déployer beaucoup de nouvelles capacités de production de chaleur renouvelable, seules ou en synergie avec l’électrification de la chaleur. C’est maintenant qu’il faut engager des études pour planifier des réalisations l’an prochain. Des solutions qui durablement protègeront des prochains chocs géopolitiques et réduiront notre impact climatique.
Choisir de ne plus subir les évolutions mondiales et organiser la résilience locale sera sans doute un mantra que partageront de nombreuses équipes municipales pour leur prochain mandat. La transition énergétique pour s’affranchir du fossile sera ainsi au service d’enjeux essentiels : souveraineté locale, maîtrise des dépenses, création de valeur, amélioration du cadre de vie et lutte contre le changement climatique. C'est au plus près des besoins, dans les territoires, que se joue la vitesse d'exécution et se partagent les bénéfices de la transition. Pour celles et ceux qui veulent reprendre la main sur la destinée énergétique de leur commune, les prochains mois seront mis à profit pour définir les priorités de la nouvelle mandature, et sécuriser les budgets pour engager les projets. Rendez-vous leur est donné aux Etats Généraux de la Chaleur Solaire, le 17 juin prochain à Paris, pour faire le plein d’inspiration.
Richard Loyen, Délégué Général
Chargé des relations avec les collectivités et de la chaleur solaire