L’examen du projet de loi de finances pour 2027 a débuté au parlement. Le texte propose une baisse du budget d’intervention de l’ADEME avec une réduction du Fonds chaleur de 300 M€, soit près de 40%. Alors que le pays affronte une crise énergétique aux effets inflationnistes déjà palpables, cette proposition de coupe budgétaire va à rebours de l’objectif prioritaire de sortie des énergies fossiles.
Tandis que les parlementaires vont amender le texte du PLF27, il est utile de leur rappeler que le Fonds chaleur protège concrètement les collectivités, le pouvoir d'achat des ménages et la compétitivité des entreprises. Le prix de la chaleur produite par des énergies locales et souveraines n’est pas soumis aux aléas des marchés internationaux. Les réseaux de chaleur qu’elles alimentent sont moins exposés aux à-coups des marchés. Cette stabilité est un gage de protection de nos concitoyens dans un contexte actuellement très anxiogène. C’est également un bouclier efficace pour préserver les finances publiques : en 2025, l’ensemble des installations soutenues par le Fonds chaleur ont permis 2,6 Mds€ d’économie sur la balance commerciale. Il est donc indispensable que le budget du Fonds chaleur soit conforté au même niveau de financement qui était le sien depuis 2024 (800 M€), alors même que le portefeuille de projets représente le double de ce budget. Réduire en 2027 les crédits du Fonds chaleur reviendrait à renoncer à de nombreux projets prêts à être réalisés dans les territoires et par voie de conséquences aux objectifs de la Programmation Pluriannuelle de l’Energie récemment publiée. Aujourd'hui plus que jamais, investir dans la chaleur renouvelable, c'est protéger le pouvoir d'achat des Français, renforcer la compétitivité de notre économie et accroître notre souveraineté énergétique.
Pour conclure cet édito avec une note d’optimisme, je relève que la nouvelle enchère européenne sur la chaleur renouvelable pour décarboner l’industrie avec des conditions adaptées, devrait permettre de financer de nouveaux projets de grandes installations solaires thermiques. Je note également que nos voisins allemands comptent 75 réseaux de chaleur solarisés en service à fin septembre, avec une capacité totale de 222 MW de centrales solaires thermiques. Avec 7 nouvelles centrales en construction, ils ajouteront prochainement une capacité d'environ 32 MW. Ces chiffres sont impressionnants. Ils nous montrent que secteur change d’échelle pour maximiser son impact positif sur le climat et l’économie.
Richard Loyen, Délégué Général
Chargé des relations avec les collectivités et de la chaleur solaire